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Compte-rendus

Colloque national éco-construction éco-rénovation à Villers-les-Nancy : 22 avril

La journée a commencée par une visite de chantier du bâtiment exemplaire du CNIDEP. Pour rappel ce bâtiment a été commandé par la chambre des métiers de Meurthe et Moselle pour servir de bâtiment démonstratif. Cette initiative est d’autant plus pertinente qu’elle a aidé à développer des filières locales. La visite, dirigée par Benjamin Fedeli (AUP Lorraine), fût intéressante puisque l’on a pu voir la mise en oeuvre de différents éléments écologiques dont notamment un flocage en ouate de cellulose. Le confort intérieur était vraiment agréable et lumineux. Les sheds orientés au sud jouent bien leur rôle. Le catalogue de solutions techniques mis en oeuvre à titre demonstratif n’est pas forcément spécialement intéressant, par contre l’idée d’utiliser un beau matériau pour la structure de manière à ne pas avoir à ajouter de finitions est plutôt bien vue. A la fin de la visite on a le droit à une petite démonstration d’un test d’étanchéité à l’air à l’aide d’un blowerdoor. Pour rappel le principe consiste à poser une porte étanche munie d’un ventilateur piloté en son centre afin de mettre le bâtiment en sous-pression ou sur-pression (au choix). Puis de générer de la fumée prêt des endroits sensibles, on voit alors le parcours de la fumée qui révèle les fuites.

Le CRIT bois d’Epinal qui a participé à l’aventure du CNIDEP a sans doute de l’avenir devant lui. On voit bien sur ce type d’opération le rôle clé de ce centre de ressources et de recherche dans le développement de la filière bois dans la région. Une filière qui fasse à l’importance que prend le développement durable dans le bâtiment est promise à un bel avenir.

La visite de chantier a été suivie d’une petite conférence menée par l’AMO (Jean-Luc Thomas de Vitalis Architecture et environnement) et le BT thermique (Frédéric Brice d’Energico) du CNIDEP. Là aussi ce fût un concentré d’informations, pour le coup une conférence un peu plus longue n’aurait pas été inutile. Il y a été question d’énergie grise et de cycle de vie des matériaux. Sans surprise les matériaux végétaux sont rois sur ce type d’analyse, même quand ils n’ont pas encore de fiche FDES. Quelque part le bon sens suffit à s’en rendre compte. Le bureau thermique a présenté le système de ventilation. Il faut avouer qu’avec toutes les techniques rattachées de prêt ou de loin à la ventilation et au chauffage de l’eau, un grand nombre de combinaisons sont possibles. Dans ce cas ils ont mit en place un réseau constitué rien moins que d’une VMC double flux, un capteur solaire thermique, un puits géothermique et un ballon d’eau chaude équipé d’une résistance électrique pour ajouter les dernières calories manquantes. Enfin une démonstration nous a été faite des résultats que l’on peut obtenir par simulation dynamique. Cette dernière est très intéressante dans le cadre de la conception architecturale, vivement que l’on nous fasse des logiciels simples permettants d’avoir ce type de résultats dés la phase de conception.

On aura aussi apprit que le prix de la ouate de cellulose (pour rappel utilisée en tant qu’isolant) a été considérablement réduit durant ces cinq dernières années. Ce qui là aussi rend optimiste quand à la démocratisation de certaines techniques et matériaux au fur et à mesure que les filières locales se développeront. En fin de matinée on a pu visiter un mini salon professionnel. Rien de bien impressionnant quand on a l’habitude de ce type de salon. Seul stand sortant du lot, celui de l’IUMP (Philippe Tourtebatte), qui présentait des matériaux dont on attend beaucoup comme les bétons végétaux, les laines végétales et même du plâtre au chanvre pour les cloisons intérieures. Reste là aussi à attendre un développement de ce type de filière puisque qu’actuellement les prix de vente sont bien supérieurs aux procédés dits traditionnels alors même que les coûts de fabrication sont inférieurs.

En début d’après-midi on a eu le choix d’un atelier parmi quatre. La majorité des participants ont choisis « Expériences de bâtiments éco-construits ». Personnellement je l’ai fais dans l’idée de voir des exemples concrets avec leurs solutions, leurs résultats et leurs coûts. Pour le coup l’on doit bien admettre que l’on s’est un peu fait avoir sur le contenu. En effet on a eu de nouveau droit à des discours théoriques dont l’objectif était surtout de mettre en avant des politiques de la ville. Cela dit ça restait intéressant et on retiendra particulièrement l’intervention de Catherine Ruth du CAUE 54 qui bien que ne présentant pas de projet concret a quand même eu le mérite de poser des questions pertinentes. Je pense notamment à sa réflexion sur la remise en cause de certains programmes déposés trop rapidement. Pour exemple cette commune qui souhaitait bâtir deux salles de catéchismes alors qu’elles n’auraient été utilisés que quatre heures par semaine. De manière plus polémique elle n’a pas eu peur de relancer le débat sur les écoles primaires pour dix élèves. Comme elle le faisait remarquer entre volonté sociologique et volonté environnementale il va falloir faire un choix.

Enfin l’intervention de Vincent Pierre, cette fois en tant que représentant de Terranergie (BT axé développement durable), a une nouvelle fois relevé l’intérêt de l’atelier. En six minutes chronos il nous a présenté les points clés d’un quartier de maisons individuelles écologiques. Bien que l’urbanisme du quartier n’ait pas été poussé jusqu’au bout, loin de là, le projet trouve son intérêt dans la construction des logements. Entièrements construits en matériaux écologiques et sains, avec une isolation de niveau BBC, une perméabilité à l’air de niveau maison passive et une consommation de chauffage réduite à 245€/an. Le procédé constructif se base sur des panneaux en bois massifs isolés de 20cm d’ouate de cellulose. Ces derniers offrent un montage rapide et une finition précise puisqu’ils sont montés en usine. C’est d’ailleurs de là que provient la si bonne imperméabilité à l’air. Une VMC double flux répartit équitablement la chaleur provenant du poil à bûches. Le fonctionnement de la VMC représente un coût de 45€/an, le poil à bois un coût de 200€/an, ce qui veut dire que le coût annuel peut même être ramené à 45€/an pour peut que l’habitant possède une source de bois ce qui est plutôt courant dans la région. Le tout a coûté 1500€ HT/m² (hors terrain), un prix qui reste correct vu la qualité de prestation. Maintenant il serait intéressant de voir les résultats que l’on pourrait obtenir en partant sur du logement en bande avec un principe constructif similaire.

La fin du colloque s’est basée sur une table ronde sur la professionnalisation de la filière de l’éco-construction. Il y était donc surtout question de formation des artisans et mise en place de labels de qualité basés sur des contrôles après construction. On n’y a vu pas mal de bonnes volontés, il reste à voir ce que ça va donner concrètement.

Globalement ces deux journées de colloque méritaient bien que l’on leur réserve un peu de place dans notre emploi du temps. L’on y aura apprit autant durant les différents ateliers que durant les discussions intersticielles. De plus chacun a pu montrer les initiatives qu’il développe dans le sens du développement durable. Il y aurait eu encore matière à développer, mais ce petit compte-rendu risquerait d’en devenir indigeste. J’essayerais donc dans les semaines à venir de publier quelques notes sur des points précis comme par exemple sur certains matériaux présentés durant ce colloque.

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